Miséricorde et Vérité - Soutien pastoral aux baptisés divorcés engagés ou non dans une nouvelle union. Soutien aux divorcés et divorcés-remariés





 

   

- PAROLES DE TEMOINS DE LA FOI-

 

Présentation des documents


Les documents qui suivent regroupent :

- Des paroles de grands témoins de la foi, qui éclairent la privation des sacrements (eucharistie en particulier). Il est possible de donner sens intérieurement à cette privation. Elle peut même devenir une expression d’amour du Christ, un chemin de véritable communion spirituelle avec Lui. En ce cas, elle construit profondément la personne.

- Une prière de demande de pardon qui peut conclure un dialogue pénitentiel dans lequel on ne donne pas l’absolution.
Cette prière permet après un dialogue pénitentiel et l’offrande des péchés au Christ, d’exprimer un repentir sincère et de conclure la démarche de pénitence par une parole adressée à Dieu. L’expérience prouve que les pénitents qui ne peuvent recevoir l’absolution accueillent avec joie une telle prière. Ils y sont sensibles et disent eux-mêmes que cette solution les aide à être vrais devant Dieu, plus qu’une absolution dont ils savent, en conscience, qu’elle ne peut, pour le moment, s’appliquer à leur situation matrimoniale.


 

Sainte Thérèse

Privé de la plénitude des sacrements ?

« Sans doute, c’est une grande grâce de recevoir les sacrements ; mais quand le Bon Dieu ne le permet pas, c’est bien quand même ; tout est grâce ! »

Thérèse de l’Enfant Jésus - 5 juin 1897

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marthe Robin

Faire oraison ou communier ?

Si l’on me demandait : que vaut-il mieux faire : l’oraison ou la sainte communion ? Les deux sont vivement à conseiller. Mais s’il faut porter une préférence, je crois que je répondrais l’oraison, car l’oraison est une disposition et une préparation immédiate à la sainte communion. La communion fréquente est un conseil, l’oraison est un pin précepte : « Priez, priez sans cesse », dit Jésus. Or il est difficile de bien prier et de prier sans cesse si le cœur ne se remplit pas de bonnes, de saintes pensées, fruits de la méditation… Quelqu’un a dit : on trouve des chrétiens qui communient tous les jours et qui sont en état de péché mortel. Mais on ne trouve jamais une âme qui fasse « oraison » tous les jours et qui demeure dans le péché.

Marthe ROBIN
4 avril 1930
Dans Prier 15 jours avec Marthe Robin, Éd. nouvelle cité, p.44

 

 

Isaac de l’Etoile

Pardon du Christ, Pardon de l’Eglise

Il y a deux choses qui reviennent à Dieu seul : l’honneur de recevoir la confession et le pouvoir de pardonner. Nous devons lui faire notre confession et attendre de lui le pardon. L’Église ne peut rien pardonner sans le Christ et le Christ ne veut rien pardonner sans l’Église. L’Église ne peut rien pardonner sinon à celui qui se convertit, c’est-à-dire à celui que le Christ a d’abord touché. Le Christ ne veut pas accorder son pardon à celui qui méprise l’Église. Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ( ... ) N’empêche pas le Christ d’exister tout entier. Car le Christ n’existe nulle part tout entier sans l’Église, ni l’Église sans le Christ. C’est seulement cet homme-là qui pardonne.

Isaac de l’Étoile, Père Cistercien,
1110 – 1168.

 

 

Les lignes qui suivent expriment avec grande clarté l’attitude spirituelle fondamentale dans laquelle s’enracine notre démarche pastorale.


Le lavement des pieds

par Dom Olivier Quenardel, Abbé de Cîteaux

La veille de sa passion, le Seigneur Jésus a accompli deux gestes qui, depuis ce jour-là, habitent la mémoire de l’Eglise : le lavement des pieds et la fraction du pain. Deux gestes inséparables, l’un et l’autre accompagnés de paroles qui en expriment l’intention, l’un et l’autre provenant de la même source : l’Amour qui bat au cœur de Dieu et s’offre au cœur du monde.


Chaque dimanche, le Peuple des baptisés se rassemble autour de ses pasteurs pour célébrer la fraction du pain, plus couramment appelée “eucharistie“. Mémorial de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, elle instaure les temps nouveaux, inaugurés par le Grand Prêtre des biens à venir, Jésus-Christ. Par lui, avec lui et en lui, amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent, la sainteté triomphe du péché, la vie l’emporte sur la mort.

A la différence de la fraction du pain, le lavement des pieds a rencontré des résistances, et cela dès son origine. Pierre n’en veut pas. Jésus est obligé d’insister pour qu’il se laisse faire : tu comprendras plus tard ! Ce geste d’esclave, Jésus le reçoit de femmes à la réputation douteuse et il le charge d’une signification qui renouvelle de fond en comble toutes les relations humaines : Entre vous, il ne doit plus être question de rivalité, de jalousie et de domination. Vous êtes tous frères, et vous devez vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés.

La fraction du pain est le signe de l’Alliance Nouvelle et Eternelle entre Dieu et l’humanité toute entière. Sa célébration est toujours présidée par un prêtre légitimement ordonné. Communier au Corps et au Sang du Christ exige une vie baptismale vraiment fidèle à l’Amour divin qui se donne jusqu’au bout sans jamais se reprendre.

Le lavement des pieds ouvre, lui aussi, la porte des temps nouveaux. A la lumière du même Amour divin qui se manifeste dans l’humble service, il annonce et réalise, comme un sacrement, la fraternité universelle des enfants de Dieu. Ici, le plus grand vient en aide au plus petit, le plus riche au plus démuni, le plus saint au plus pécheur… et réciproquement, le plus pécheur vient au secours du plus saint, le plus démuni trouve de quoi donner au plus riche, le plus petit ennoblit le plus grand. Cela veut dire que, pour accomplir ce geste, nul n’est trop pécheur et nul n’est trop saint, car nul ne préside ici sinon celui qui sert en se tenant, comme Jésus lui-même, aux pieds de son prochain. Homme ou femme, riche ou pauvre, malade ou bien portant, clerc ou laïc, religieux ou mécréant…, l’eau dont chacun se sert provient de son baptême. Un jour, elle fut changée en vin, en vue d’un autre jour où le vin lui-même fut changé en Sang pour la rémission des péchés et la joie des noces éternelles.

 

 

Guillaume de Saint-Thierry

Communion spirituelle

Quiconque a le sens du Christ sait combien il est avantageux à la piété chrétienne, combien il est bon pour un serviteur de Dieu et du Christ Rédempteur, de repasser attentivement dans son esprit, ne serait-ce qu’une fois par jour, les bienfaits de sa Passion rédemptrice, pour en jouir délicieusement en sa conscience et les graver fidèlement dans sa mémoire. C’est là manger spirituellement le Corps du Seigneur et boire son Sang, en souvenir de celui qui, par ces paroles : « Faites ceci en mémoire de moi », en a laissé le précepte à tous ceux qui croient en lui.

Il est criminel de perdre le souvenir d’un ami qui s’en est allé, en nous laissant quelque signe pour rappeler sa mémoire. C’est là chose manifeste à tous. Quel sacrilège ce serait alors pour l’homme que d’oublier un témoignage si manifeste de bonté pine !

Or la célébration du mystère de cette sainte et vénérable mémoire, en son lieu et en son temps, est permise à un petit nombre d’hommes choisis pour ce ministère. Mais susciter, toucher, s’approprier la puissance du mystère, en vue du salut, de la manière dont ce mystère a été transmise, c’est-à-dire dans les sentiments d’un amour reconnaissant, voilà qui est à la portée de tous ceux que vise cette parole « Pour vous, vous êtes la race élue, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis pour annoncer les perfections de celui qui, des ténèbres, vous a appelés à son admirable lumière. »

Qui en est digne reçoit le sacrement pour en vivre, comme l’indigne peut le profaner pour sa mort et son jugement. Nul ne peut recevoir la puissance du sacrement s’il n’en est digne et capable. Le sacrement, sans la puissance du sacrement, apporte à qui le reçoit, la mort. Mais la puissance du sacrement apporte à qui la reçoit la vie éternelle, même en dehors du sacrement.

Bref, si tu veux, si tu veux vraiment, à toute heure du jour et de la nuit, tu trouveras cette puissance à ta disposition. Chaque fois que le souvenir de Celui qui a souffert pour toi incline vers la Passion du Christ et ta tendresse et ta foi, tu manges son Corps et tu bois son Sang. Aussi longtemps que vous demeurez, toi en Lui par l’amour, Lui en toi par l’opération de sa justice et de sa sainteté, tu comptes comme partie de son Corps et comme l’un de ses membres.

Guillaume de Saint-Thierry,
Père Cistercien, 1085 – 1148.
Lettre aux frères de Mont-Dieu, p. 234-235

 

 

Alphonse de Ligori

Prier le Christ devant le Saint-Sacrement

Mon Jésus,
je te crois présent
dans le très Saint Sacrement de l’autel,
en ton âme, ton corps et ta pinité.

Je t’aime plus que tout,
et je te désire de toute mon âme.

Puisque, pour le moment,
je ne peux te recevoir sacramentellement,
viens au moins spirituellement dans mon cœur.

(pause)

Puisque Tu es déjà en moi,
je T’embrasse, et je m’unis pleinement à Toi.

Ne permets pas que je sois séparé de Toi.

Amen

Alphonse de Ligori

 

 

 

Mgr André-Mutien Léonard

Quand on ne peut donner l’absolution : une prière de pardon

« Seigneur nous voici devant toi, pécheurs tous les deux : mon frère (ma sœur) dans sa situation de vie et moi qui dois l’accueillir en ton nom. Tu connais notre cœur mieux que nous-mêmes. Tu sais – et il (elle) le comprend – que je ne peux maintenant lui donner l’absolution qui réconcilie totalement avec toi et rétablit dans la pleine communion de l’Eglise. Mais ton cœur est plus grand que tout et n’est prisonnier de rien. Je t’en prie, Seigneur, achève en mon frère (ma sœur) comme en moi l’œuvre de notre conversion. Fais-nous grandir en ton amour à partir de notre vie telle qu’elle est maintenant. Nous avons cette confiance que ta grâce saura se frayer un chemin jusqu’à l’intime de notre cœur (…) fais éprouver à mon frère (ma sœur) toute la douceur de ton amour miséricordieux et conduis-le (la) jusqu’à la pleine conversion de sa vie. Nous te le demandons à toi, l’Agneau de Dieu qui portes les péchés du monde entier et veux le salut de tous les hommes. Amen. »

Mgr André-Mutien LEONARD,
dans « L’Eglise vous aime », éd. de l’Emmanuel,
pp. 137-138

 

 

A propos de la parabole ouvriers de la onzième heure, les extraits ci-après de l’homélie du Père Louis Morandeau du diocèse de Luçon, font bien écho à ce que l’on entend parfois au cours de sessions :

 

 

Père Louis Morandeau

« Je ne pensais pas que dans ma situation de divorcé-remarié, Dieu m’aimait autant ! ». La personne blessée en situation de rupture s’étonne souvent d’être un trésor unique pour Dieu et d’être aussi appelée à travailler à sa vigne.


[Le Maître du domaine, c’est Dieu, bien sûr. Il se montre beaucoup plus en « Père » qu’en « Patron ». Sa générosité, c’est celle d’un Père qui ne calcule pas son amour pour chacun(e)…. qui traite avec une égale générosité tous ses enfants. Avec Dieu, il n’y a pas d’oubliés.]

 


[Jésus manifeste très fort que l’amour de Dieu est totalement gratuit. Les ouvriers de la onzième heure ne s’attendaient pas à être embauchés, et en plus quelle ne fut pas leur surprise quand le maître du domaine leur remit le salaire d’une journée entière. Des hommes étonnés, voilà les citoyens du Royaume de Dieu… Des étonnés de l’Amour de Dieu ! Pourquoi nous aime-t-il jusqu’à nous pardonner sans cesse, jusqu’à continuer à nous inviter dans une perpétuelle onzième heure malgré nos péchés et nos trahisons ; il continue, par delà nos péchés, à nous envoyer à sa vigne, dans nos quartiers, nos communes, nos villages, nos écoles, nos foyers, nos familles, nos associations… Il compte sur nous… il nous fait confiance : « Viens travailler à ma vigne ! »]

[Il nous dit très fort aujourd’hui que tout homme et toute femme, quelque soit sa situation humaine, sociale, matrimoniale, oui toute personne a une place unique dans le cœur de Dieu, une place qui ne se mérite pas à coup de bonnes actions. Qui que nous soyons, Dieu nous embauche pour témoigner de son Amour…il ne fait pas état de notre situation humaine terrestre…il nous fait confiance à chacun(e) : « Viens travailler à ma vigne, toi aussi tu as quelque chose à donner »]

 

 

 

 

Peinture originale "La résurrection" de Bernadette LOPEZ http://www.evangile-et-peinture.org - Site réalisé par CréaKom services - http://creakom-services.fr - Mentions légales