La Fraternité des ouvriers de la onzième heure

 

Bruno et Anny PERRIN, du diocèse de Dijon, vous présentent la Fraternité des Ouvriers de la 11ème heure.

 

 

Prêtre du diocèse de Dijon depuis 1973, le Père Jacques a exercé différents ministères dans son diocèse, comme vicaire, curé de paroisse, aumônier de collège technique et prêtre fidei donum au Québec pendant 25 ans.

Il est aussi le fondateur des Fraternités Lataste.

Il accompagne avec joie et fidélité depuis 40 ans, des fidèles divorcés, remariés ou non.

 

Nos premières rencontres avec le Père Jacques Nourissat

Il y a 11 ans à l’occasion d’une soirée de Miséricorde Jacques Nourissat s’approche de moi et me dit : « Il n’y a pas de différence entre toi et moi, nous sommes tous les deux des enfants de Dieu, baptisés dans l’Esprit Saint appelés à Vivre de nos forces Baptismales, Foi, Espérance et Charité. » A cet instant sans bien comprendre, je sentais que l’Amour infini de Dieu m’ouvrait un chemin nouveau.

En colère contre l’Eglise et contre ma mère, Jacques me dit : « Ne ferme pas la porte à Jésus dans son Eglise : si tu n’arrives pas à pardonner ajoute tout de suite ‘’pour le moment‘‘ et regarde comment tu peux aimer d’avantage … ». Tout a changé à partir de ce moment là. Oui, après la tempête, j’ai pu commencer à construire une vraie relation d’amour et de pardon au Christ, à travers le service des frères et en particulier vers les plus souffrants.

Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci
(Psaume 8, 5)

1997, Les soirées de miséricorde

Le Père Jacques Nourissat en rentrant du Québec en 1997, a rapidement mis en place avec une petite équipe, des soirées de miséricorde rue du Nord à Dijon.

Dans ces soirées aux portes largement ouvertes, il n’était pas nécessaire de décliner son identité ou sa situation matrimoniale. Il ne s’agissait pas non plus d’en faire des soirées « kleenex ». Jacques faisait travailler les personnes en petits groupes sur un texte de la Parole de Dieu, judicieusement choisi. Puis chaque personne, si elle le désirait réagissait sur le texte. Ensuite Jacques demandait toujours si le travail que l’on avait fait nous avait plu : « Ce texte est-il une page d’Espérance ? » Il disait aussi, qu’en prenant la parole les uns, puis les autres « on s’évangélise les uns les autres ». Cette pédagogie a permis de respecter chacun dans la situation où il se trouvait « pour le moment ».

Jacques terminait ces soirées par un petit enseignement à sa façon. Souvent il s’agissait comme on dit au Québec de dégonfler les ‘’Ballounes’’.

Dans ces soirées je me souviens de frères parfois en grande souffrance, mais toujours dignes. On sentait déjà que, Jacques, de notre « mal » faisait sortir du « bien ».

Quelques personnes assidues ont voulu aller plus loin. Jacques a donc proposé à ceux qui le désiraient, de se retrouver un samedi une fois par mois pour travailler à chaque fois un thème bien précis. Ces formations ont duré neuf mois, elles ont éclairé notre conscience à la lumière de l’Evangile et aux différents commandements d’Amour du Christ.

Dix ans après nous pouvons dire que ces formations nous ont permis aussi d’acquérir avec le cœur, le vocabulaire nécessaire pour servir et aimer davantage au nom du Christ, la personne qui se trouve face à nous et qui nous dit bien souvent « Donne moi à boire ».

Merci, Jacques.

Par ton Amour fraternel, miséricordieux, par ton vocabulaire bien à toi qui « déplace », tu nous as ouvert un chemin de conversion.
Toi, Jacques, comme le Christ à la samaritaine tu nous a dis « Donne moi à boire ». Nous comme elle nous n’avons pas compris tout de suite le sens de ces paroles …

Et aujourd’hui dix ans après, c’est nous qui répondons à des frères :

‘’Si tu savais le Don de Dieu’’
(Jean 4, 10)

Aujourd’hui la fraternité des Ouvriers de la 11ème heure vit toujours !

Cette fraternité regroupe une vingtaine de personnes. Ce groupe de chrétiens ne demande qu’à s’étoffer pour enrichir et s’enrichir de la présence de nouvelles personnes.

Ces baptisés pour la plupart divorcés engagés dans une nouvelle union, se retrouvent une fois par mois à la lumière de l’Evangile et dans la fidélité à l’enseignement de l’Eglise.

L’année 2009 a été consacrée à travailler sur la lettre du Cardinal Tettamanzi. Les personnes ont été très touchées par cette parole droite de vérité et d’Amour infini.

« Mes chères soeurs, mes chers frères, j’aimerais vous demander la permission d’entrer chez vous comme un frère et de m’accorder un peu de votre temps.
Et en tant qu’évêque j’ai également à cœur les personnes baptisées qui, à cause d’incompréhensions ou de déceptions, ne se considèrent peut-être plus comme des croyants ou se sentent exclues de la grande communauté des disciples du Seigneur »

Les rencontres se déroulent au Centre Albert Decourtray.

La fraternité est animée par une équipe, composée du Père Gérard Berliet, du diacre Francis Roy et de Anny et Bruno Perrin, divorcés engagés dans une nouvelle union.

Gérard Berliet est prêtre du diocèse de Dijon. Il a enseigné l’Écriture Sainte dans les séminaires de Bourgogne et de Franche-Comté et a suivi l’équivalent d’un cycle de trois ans d’études à l’Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal (Canada). Il travaille actuellement en paroisse et conduit des formations humaines et spirituelles. Il a également reçu la mission d’accompagner le cheminement de fidèles séparés, divorcés et divorcés remariés


Depuis déjà plusieurs années nous avons la joie de travailler en très étroite collaboration avec Gérard Berliet. Nous rendons grâce à Dieu d’avoir mis sur notre chemin un prêtre et frère, qui ne nous raconte pas des histoires, mais qui nous dit avec son cœur, parfois souffrant, l’Amour infini de Dieu dans son Eglise pour chacun(e), quelque soit sa situation.

Le dimanche à la messe quand nous nous avançons les bras croisés sur la poitrine, Gérard en nous regardant dans les yeux avec un grand sourire accueillant, nous appelle par notre prénom et nous dit en faisant le signe de la croix sur notre front : « Le Christ est mort et ressuscité pour toi.» Après un tel geste d’Amour du Christ dans son Eglise, comment ne pas vivre sa 11ème heure aux services des frères en Christ ?