Parole de Benoît XVI

 

Extrait du discours du pape Benoît XVI, au clergé du diocèse d’Aoste, le 25 juillet 2005

Concernant la question de la communion pour les fidèles divorcés remariés, voici un extrait de la réponse du Saint Père :
Même si elles ne peuvent avoir accès à la communion sacramentelle, ces personnes ne sont pas exclues de l’amour de l’Eglise et de l’amour du Christ.
Une Eucharistie sans la communion sacramentelle immédiate n’est certainement pas complète, il manque une chose essentielle. Toutefois, il est également vrai que participer à l’Eucharistie sans communion eucharistique n’est pas égal à rien, cela signifie toujours participer au mystère de la Croix et de la résurrection du Christ. Il s’agit toujours d’une participation au grand Sacrement dans la dimension spirituelle et pneumatique, dans la dimension également ecclésiale, sinon strictement sacramentelle.

Et étant donné qu’il s’agit du sacrement de la Passion du Christ, le Christ souffrant embrasse de façon particulière ces personnes et dialogue avec elles d’une autre façon.Elles peuvent donc se sentir embrassées par le Seigneur crucifié qui tombe à terre et meurt et souffre pour elles, avec elles. Il faut donc faire comprendre que même si, malheureusement, il manque une dimension fondamentale, elles ne sont toutefois pas exclues du grand mystère de l’Eucharistie, de l’amour du Christ ici présent. Cela me semble important tout comme il me semble important que le curé et la communauté paroissiale fassent sentir à ces personnes que, d’une part, nous devons respecter le caractère indissoluble du Sacrement et, de l’autre, que nous aimons ces personnes qui souffrent également pour nous. Et nous devons aussi souffrir avec elles, car elles apportent un témoignage important, parce que nous savons qu’à partir du moment où l’on cède par amour, on porte préjudice au Sacrement lui-même et son indissolubilité apparaît toujours moins vraie.
Il y a donc d’une part le bien de la communauté et le bien du Sacrement que nous devons respecter, et, de l’autre, la souffrance des personnes que nous devons aider.

Le second point que nous devons enseigner et rendre crédible également pour notre propre vie est que la souffrance, sous ses diverses formes, fait nécessairement partie de notre vie. Et il s’agit là d’une souffrance noble, je serais tenté de dire. Il faut à nouveau faire comprendre que le plaisir n’est pas tout. Que le christianisme nous donne la joie, comme l’amour donne la joie. Mais l’amour signifie également toujours renoncer à soi-même. Le Seigneur lui-même nous a donné la formule de ce qu’est l’amour : celui qui se perd se retrouve ; celui qui gagne et se conserve soi-même se perd.

C’est toujours un Exode et donc aussi une souffrance. La vraie joie est une chose différente du plaisir, la joie croît, mûrit toujours dans la souffrance en communion avec la Croix du Christ. C’est seulement là que naît la vraie joie de la foi, dont eux aussi ne sont pas exclus s’ils apprennent à accepter leur souffrance en communion avec celle du Christ.